l'énigme de Martinas
Voici une énigme du samedi soir, que nous devons à Martinas. Une précision : L'extrait est en début de roman, mais il ne s'agit pas de l'incipit du livre. D'après Martinas, c'est assez facile à trouver si l'on sélectionne les "bons" mots. Bon courage à toutes et à tous.
Tout avait commencé quand le commissaire l’avait amené avec lui à son retour de l’Assemblée d’automne. Une vraie trouvaille, ce forgeron ! Natif de T. Un sorcier dans son genre.
B. savait forger les choses les plus curieuses. Vraiment un homme utile à toutes sortes de travaux.
Il installait au-dessus des meules à aiguiser un système qui versait sept cuillerées d’eau sur la lame de faux tous les dix tours de manivelle. Il forgeait des serrures qui se coinçaient automatiquement si quelqu’un qui ne connaissait pas le mécanisme essayait d’ouvrir par l’extérieur. En plus, il fabriquait les meilleurs socs de charrues et de belles ferronneries.
On avait donné à ce forgeron le surnom de Longues Joues.
Dès qu’il arriva à la ferme du commissaire, on comprit pourquoi. Il avait un visage long et étroit, et deux yeux formidablement noirs.
X. venait d’avoir cinq ans, et leva sur lui son regard gris pâle quand il entra dans la pièce, comme si elle voulait le devancer. Elle ne montrait pas exactement de la crainte. Simplement, elle trouvait inutile de faire connaissance.
Cet homme aux yeux noirs, qui, disait-on, était romanichel, jetait sur la femme du commissaire le regard de quelqu’un qui vient d’acquérir un objet précieux. Et en vérité, elle ne trouvait pas cela désagréable.
Aussitôt, le commissaire essaya de se débarrasser du forgeron, trouvant qu’il allait quand même un peu loin.
Mais B. restait, encouragé par le doux sourire de H.
Il forgea des serrures compliquées pour les portes d’entrée et de placard, et un système d’arrosage pour la meule à aiguiser. Enfin il fabriqua de nouvelles poignées pour l’énorme bassine dans laquelle les femmes faisaient bouillir le linge.
Sur les anses, il fixa un système qui permettait d’incliner la grande bassine à différents niveaux pour vider la lessive. Cela devenait simple et facile à l’aide d’une manivelle sur la suspension.
Finie la crainte de manipuler l’énorme bassine noire. Elle se laissait aisément baisser, tourner et incliner grâce à l’ingéniosité du forgeron. On pouvait maintenant diriger l’opération sans avoir peur d’être trop près de la vapeur ou du liquide bouillant.
X. suivait sa mère dans la buanderie, juste avant Noël. C’était un jour de grande lessive. Quatre femmes étaient à la tâche, ainsi qu’un garçon pour porter l’eau.
Les seaux arrivaient remplis de glaçons et de bouillie de glace fondante. Ils se vidaient gaiment, avec un plouf ! dans les grands tonneaux près de la porte. Ensuite tout fondait dans la bassine et la buée remplissait la pièce comme une brume nocturne.
Les femmes étaient en chemise, le corsage déboutonné. Les pieds nus dans des sabots et les manches retroussées. Leurs mains étaient rougies comme des cochons de lait ébouillantés. Elles soulevaient, tapaient et gesticulaient.
Les visages étaient en liquéfaction sous les turbans serrés. La sueur coulait en ruisseaux le long des joues et des gorges. Elle se rassemblait en un seul cours d’eau qui coulait entre les seins et disparaissait dans les vêtements humides jusque dans des profondeurs souterraines.
C’est au moment où Mme H. était en train de donner des ordres à une servante que … ”
les images ne sont pas bien placées, je ne sais pas trop comment les insérer convenablement (note J-o)
Commentaires sur l'énigme de Martinas
Chapitre 2
"Il délivrera même le coupable"
( livre de JOB 22 -30)
...p62
" T'as triché!" cria-t-elle en arrachant sa couverture ."Tu d'vais dormir debout!"
Elle remarqua alors la nudité du garçon, qu'il essayait de cacher avec ses mains.
3t'es drôle à voir !"déclara-t-elle .Enleva complètement la couverture et commença à examiner l'intérieur de ses cuisses.Il essaya de se défendre par un timide grognement et attrapa son pantalon posé sur le rebord du lit. En un clin d'œil,il se retrouva debout au milieu de la pièce. Mais elle avait déjà disparu
"tout cela s'était-il passé dans sa tête ?
Non.Il restait son odeur
.Une odeur d'agneau mouillé."
Il me tarde que d'autres viennent jouer et ce qui n'aurait pas lu, je les envie déjà.
celui ou celle qui n'aurait pas lu,
@mascaret par exemple...pourvu qu'il ne soit pas tombé amoureux de Szymborska..non non je pense avoir lu qu'il avait de l'inclination pour la belle Hannah Arendt ...
un très doux sourire et des mercis
la jeune femme aurait pu naître à Bergen ou dans la campagne environnante . Je ne connaissais pas jusque là cette musicienne au nom flamand...
http://youtu.be/jm7ToZ-9qyA
il y a toutefois un indice évidemment
merci, Jean-ollivier, de votre efficacité , et pour les images, c'est bien, la première est un indice .
Pour les tableaux, j'ai pensé "au group of seven" mais je suppose qu'il vaut mieux se rapprocher du lieu du roman et là , bien que cette peinture me touche , je navigue entre le souvenir d'une exposition parisienne et le plaisir des arbres et de la neige .Bon le traineau tient encore la route ..alors continuons la promenade
Ce livre est un cri.
Kara,"group of seven", c'est bien vu, mais l'expo Paris (récente), c'est mieux .
Et pour le livre,
"Le juste marche dans son intégrité ".
Heureuse que tu sois sortie de la mine pour voyager dans ce pays de fin du monde !
Bonsoir, Ruines
oui,
Un cri comme le tableau qui porte ce nom et qui ouvre sur une force de vie immense
j'en aime tout particulièrement les personnages si différents les uns des autres, les idées humaines d'avant-garde, le goût et le respect pour l'existence dont l'écrivain témoigne, la douceur et la bienveillance qui paraît si simple parfois
les êtres du passé qui nous gênent et parfois même nous impliquent dans un"regard borgne , muet "
l'écrivain , au dire d'amis qui ont lu le roman dans sa langue, a le style classique, si riche de perspectives et de nuances que nous percevons en français.
A un peu plus tard
les illustrations seraient de EM ?
je virens de lire ta réponse et j'ai beaucoup regretté de n'être parisienne pour l'expo dont tu parles, récente je crois .J'y aurai rencontré un peintre plus près de sa vérité . Il me semble qu'on le réduit trop à "un cri" alors qu'il pourrait avoir peint seulement l'idée qu'il se fait de celui par lequel tout commence ...
Pour revenir au roman, j'avais loué une cabane au bord de l'ocean -au printemps 1996 pour un long week-end . une cabane dans une forêt moins belle que celle du paysage..je commençai le premier tome et ne suis plus sortie .Un autre monde sans doute , plus subtil
Ce soir, j'y suis retournée et l'effet de surprise était encore là.Encore merci :
bon point pour le tableau 1, mais pour le 2?
bon soir en attendant l'aurore ...
Sans attendre l'aurore puisqu'elle est boréale sur la presqu'île des tombeaux ?
le tableau est au musée du Louvre , voila pourquoi cet inquiétante familiarité ...
J'ai cherché un petit peu je l'avoue .
Qo devrait toujours réviser ses romantiques
Merci pour l'aide et le plaisir
Kara
F.A.B.
... sur les rapports difficiles entre psychiatrie et autisme, je vous signale un article qui me paraît clair et honnête, à moi qui ne suis pas de la boutique : http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=3223
pourquoi pas ? je ne trouve pas ce tableau éblouissant, pas plus que tant d'autres tableaux de EM. Il est vrai que je sors du musée d4orsay, où j'ai vu le finandais Akseli Gallen-Kallela, dont les tableaux de forêt sous la neige ont une autre puissance. Le musée qui a presque tous les EM n'en expose qu'assez peu à la fois, pour des raisons de sécurité d'une part, et aussi parce que si on montrait les tableaux par centaines, les faiblesses en deviendraient "criantes".
Le tableau 1, est un indice sur la nationalité de l'auteur(e),le 2 (oui, Kara, c'est FAB)pour situer le lieu et l'atmosphère du prologue du livre .
J-O , "rien à voir", pas si sûr !
je ne suis pas non plus de la boutique, je crois qu'il y a un dossier ici:
http://www.oedipe.org/fr/autisme
Bon dimanche à tous et toutes .
Effectivement les tableaux sont d'excellents indices pour la découverte de l'énigme . bonne journée à vous ruinesde martinas
pour le moment les lecreurs de romans ne sont pas bien réveillés...
...Cela donne le temps de se rendre à Paris :
Exposition au Musée d'Orsay du 7 février 2012 au 6 mai 2012
AXELI GALLEN-KALLELA (1865-1931 )
Une passion finlandaise
Merci pour l'invitation: le temps passe si vite qu'il est bon d'être sollicité .
...( les pokémons se sentent responsables avec leur colère-szymborska)
A berlin en 1895-Munch le danois et Gallen le finnois ont présenté leurs œuvres -côte à côte- on est content qu'ils n'aient pas cloner leurs tableaux . Dommage nous n'étions pas encore nés...
Je me demande quelle langue maternelle pour Gallen-Kallela ?
Finnois ou Finlandais ?
Cela pourrait changer leur approche et leur regard sur la neige et le paysage Je peux m'en expliquer un peu plus loin si vous le voulez .
je pencherai pour le finnois en raison du Kalevala dont nous connaissons les illustrations -oui-passionnantes .
FINLANDE -Jean Sibelius né en- 1865- pour Jean -Ollivier
Nocturne op 51 3 -Arthur Grumiaux
Voici le lien
http://youtu.be/USoz2Kyxncw
J'ai choisi Munch car il me semblait "mieux" - plus facile- pour trouver l'énigme,du moins c'est ce que j'ai pensé en cherchant une illustration .
Je ne connais pas assez l'un et l'autre peintres pour" disputationner"....
merci pour la "réconcilition" , finlandaise ou finnoise ?
Danemark :Carl Nelsen -né en 1865-
http://youtu.be/8L3OUs-d59s
pour Martinas
e kettö kell nekem, et vous ?
j'ai été dérangée par les amis qui viennent avec moi écouter
La FOLLE DE CHAILLOT à la Lucarne (Bordeaux) et comme je ne tape pas vite .Bises à vous
Donc -Munch né en 1863
-Nelsen en 1865
Gallen-Kallela en 1865
_Sibelius en 1865
Et...
http://youtu.be/aJ64fJxYTsA
Concerto pour violon
plus connu mais proche du roman ?
Qui sait ?
Martinas m'a vraiment donné envie de trouver la suite de ce texte et les différents commentaires en montrent tout l'intérêt. Be sûre Kara doit se rassurer La fréquentation non seulement n'empêche pas ces escapades de lecture mais les encourage. Hannah avait tout lu (propos d'un admirateur).
Martinas doit donner des suites ces lignes le demandent.
« C’est au moment où Mme H. était en train de donner des ordres à une servante que X. eut envie de regarder de plus près le mécanisme dont tout le monde se vantait.
La lessive bouillait déjà dans la bassine. L’odeur de soude était anesthésiante et bien reconnaissable, comme l’est l’odeur des seaux de toilette par un chaud matin d’été dans le couloir du grenier.
X. serra ses petites mains sur la manivelle. Juste pour la sentir dans sa main.
En un éclair H. vit le danger et se précipita.
X. n’avait pas pris la précaution d’entourer sa main de chiffons, comme le faisaient les servantes. Elle se brûla fortement et retira vivement sa main.
Mais la manivelle s’était déjà déplacée. De deux crans vers le bas.
La direction dans laquelle était tournée la bassine fixa la destinée de H. Comme le prévoyait le système, la bassine se vida juste d’une partie de son contenu. Ni plus ni moins. Et s’arrêta. Et continua de bouillir sur son trépied.
Le jet rencontra d’abord avec précision le visage et la poitrine. Mais se répartit vite en ruisseaux bouillants le long du corps de la malheureuse.
Ils accoururent tous de partout. Arrachèrent les vêtements de H.
X. se trouvait au centre d’images de vapeur et d’éclairs, où elle voyait la peau et une bonne partie de la chair ébouillantée suivre les vêtements imbibés de lessive.
Mais la moitié du visage était épargnée. Comme s’il était important qu’elle se présentât devant Dieu le Père avec assez de visage pour être reconnaissable.
X. cria « Maman ! ». Mais personne ne répondit.
H. avait assez de son propre cri. (…)
Quelqu’un entraîna X. dehors dans la cour. Mais les cris traversaient les murs. Faisaient trembler toutes les vitres. S’implantaient dans les cristaux de neige. Montaient de la fumée épaisse des cheminées. Tout le fjord était aux écoutes. Une faible raie rose se montrait à l’est. Le ciel d’hiver aussi semblait ébouillanté.
X. fut expédiée à la ferme voisine, où les gens la dévisagèrent. Interrogateurs. Comme s’il y avait en elle une cachette dans laquelle on pouvait découvrir quelque chose ? (…)
Pendant trois jours, la fille du commissaire resta avec des gens qu’elle n’avait jamais vus. Qui la fixaient sans arrêt, comme si elle venait d’un autre monde.
De temps à autre, elle s’endormait parce qu’elle ne supportait plus tous ces yeux braqués sur elle.
Enfin, le garçon de ferme vint la chercher en traîneau. L’emballa bien dans des peaux de mouton et la ramena à la maison.
A la ferme, tout était silencieux.
Plus tard, une fois qu’elle était oubliée sous une table à l’office, elle apprit que H. avait crié toute une journée et toute une nuit avant de perdre connaissance et de mourir. La moitié du visage était sans peau. Ainsi que le bras droit, le cou et le ventre. »
X. est une partie du titre du livre , c'est également le titre du film danois/allemand (2002 ou 2003) inspiré du roman de ...
Merci Martinas pour la suite j'ai envie de dire Encore ! Encore mais suis muet sur la réponse. Les brouillards du nord engourdissent mes neurones, et j'en suis à relire les extraits en demandant encore. N'est-ce-pas le signe de la qualité que de déclencher l'envie ? et pourtant le passage est terrible.
Mascaret , vous êtes de ceux qui cherchaient alors que vous n'avez probablement pas rencontré ce roman : votre simplicité joyeuse et votre persévérence fait du bien, car, voyez vous, j'ai beaucoup offert le texte de H .W. (40 FOIS ENVIRON) .Je sais qu'il a plu et c'est peu dire. J'ai donc fait signe à quelques amis pour les inviter à jouer car ce lieu créé par Harmonia et maintenant Jean-Ollivier me tient à cœur… Je le leur ai dit bien entendu .
Et ce matin, le poème de Villon :
Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Ce sont amis que vent me porte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Avec le temps qu'arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n'aille à terre
Avec pauvreté qui m'atterre
Qui de partout me fait la guerre
Au temps d'hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière
Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m'était à venir
M'est advenu
Pauvre sens et pauvre mémoire
M'a Dieu donné, le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient, le vent m'évente
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
tout est symbolique heureusement et "mes amis" sont encore vivants mais sont loin de ce petit geste gratuit qui m'aurait fait tant plaisir .
Le monde dans lequel nous vivons met hélas des écouteurs, pas
seulement sur les oreilles mais aussi sur l'âme et les gestes les plus simples .
j'en déduis que les livres offerts sont relégués au grenier
J'ai comme une peine d'enfant.
BOF! tout cela n'a sans doute aucune importance.
Martinas, Ruines, Kara, les pokemons, Mascaret, Jean, Chloè , Edelweiss, Euterpe,Elena,astragaliens, je vais finir par penser que mes amis les plus virtuels sont tous les autres . Je partage le sentiment de l'auvergnate
Difficile pour moi de vous donné un titre mais si je vous en donnais les raisons toutes personnelles vous comprendriez .
Martinas je progresse : j'en suis tellement content de trouver une piste que j'abuse de mots!!!!
Si l'énigme trouve son cadre en Norvège alors je crois que le livre vient de ce beau catalogue Gaïa n'est-il -pas ??????
Il s'était présenté sous le nom de X. Personne ne croyait à ce qu'il racontait sur ses origines. Parce que ses histoires et ses drames de famille changeaient de caractère et de contenu selon la position de la lune dans le ciel, ou selon les gens qui l'écoutaient autour de la table. Mais il avait l'art de raconter !
Ou bien il était d'origine romanichelle de Roumanie, ou alors d'une famille noble italienne. Ou encore venait de Serbie, d'une famille déchirée par des guerres et des trahisons.
X essaya de l'enivrer pour obtenir la vérité. mais c'était comme si l'homme avait si bien appris ses incroyables histoires qu'il s'y laissait prendre lui-même.
Cela demanda un bon nombre de bouteilles de vin, dans le pavillon pendant la nuit, et dans le fumoir. Mais personne n'obtient jamais sa véritable histoire.
En revanche, ils eurent des tableaux. X fit le portrait de tout le monde. Et il fit celui de X d'après un autre tableau, si vivant que X s'exclama et offrit un verre de bon madère.
Voilà, j'ai craqué, au lieu de travailler sans lever le nez je suis revenue, j'ai lu l'extrait supplémentaire — du coup j'ai tricherché, et j'ai trouvé.
J'aurais pu, j'aurais dû remercier d'emblée, parce que le premier extrait m'avait bien plu par son évocation précise sans être ennuyeuse des objets et des activités du quotidien. Le second m'a happée — sobre évocation du drame, juxtaposée au point de vue de l'enfant.
Maintenant que je sais je suis encore plus reconnaissante parce que c'est un roman (une saga ?) que je n'aurais jamais rencontrée sans la lecture de ces passages. Je ne pense pas être snob dans mes choix de livres, mais là j'aurais été arrêtée sur le seuil (c'est ainsi que l'on se rend compte que s'intéresser au "paratexte" comme dit Genette n'est pas seulement une lubie de théoricien ou un problème de marketing pour les éditeurs). J'y aurais vu (à tort je pense, si j'en crois ces très beaux extraits) de la romance pour petites dames ennuyées, un best-seller (avec les facilités et les compromissions que cela implique). Non pas que la présentation soit absolument rebutante, mais parce que les "signaux" qu'elle envoie auraient fait que, n'en ayant jamais entendu parler, je ne me serais pas attardée et je n'aurais sans doute pas eu même l'idée d'ouvrir ce livre-là plutôt qu'un autre pour juger sur pièce.
Je me perds un peu dans les pseudos (l'auvergnate est-elle la même personne que Martinas ?)— j'ai en tout cas souvent éprouvé la déception évoquée par la 1ère après avoir essayé de faire partager ma passion pour certaines œuvres.
J'avais commencé à taper le prologue du livre ,lentement , ... pour vous, mascaret et peut-être d'autres Cassiopéens ...
oui, Norvège, catalogue Gaïa .
merci à Dina ...
Elena, je ne suis pas l'auvergnate, mais j'aime Villon et l'auvergnat de Brassens ...et vraiment heureuse si les extraits vous ont donné envie de lire le livre de ..., qui n'est pas exactement "une romance pour petites dames ennuyées" (là, ça me fait rire !)
je n'ai pas encore lu le dernier livre de H.W.:"Cent ans", quelqu'un ici l 'aurait-il (elle) lu ?
à l'auvergnate,oui, mais quand on ose ouvrir la porte du grenier, on est inquiet de ce qu'on risque d'y trouver .
Je suis Dina. Qui suis réveillée par les cris. Ils restent accrochés dans ma tête. Parfois, ils me dévorent le corps.
L’image de Hjertrud a explosé. Comme le ventre d’un mouton écorché. Son visage, c’est les cris qui sortent sans arrêt.
Prologue :
Je suis Dina, qui regarde le traîneau et sa charge dévaler la pente.
D’abord, il me semble que c’est moi qui y suis attachée. Parce que la douleur que je ressens est plus forte que tout ce que j’ai ressenti jusqu’à présent.
(...)
Une femme se tenait au sommet d’une pente dans une froide clarté matinale. Il n’y avait pas de soleil. Les montagnes sombres montaient la garde autour d’elle. La pente était si raide qu’elle n’en voyait pas le bout.
De l’autre côté d’un large bras de mer, des montagnes encore plus escarpées se dressaient, comme des témoins muets.
Elle suivait chaque mouvement du traîneau. Jusqu’à ce qu’un gros tronc de bouleau l’arrête au bord du précipice.
Il bascula vers l’abîme. Au-dessous, il y avait le gouffre. Tout en bas grondait une chute d’eau.
La femme considéra les traces laissées par le traîneau dans sa course. Des graviers, des tas de neige, des touffes de bruyère, des branches cassées. Comme si un énorme rabot avait dévalé la pente et tout arraché sur son passage.
Elle était habillée d’un pantalon de cuir et d’une longue veste cintrée. Si ce n’avait été ses cheveux, on aurait pu, de loin, la prendre pour un homme. Elle était très grande pour une femme.
La manche droite de sa veste était déchirée. Il y avait du sang dans la déchirure. Provenant d’une blessure.
Sa main gauche était encore serrée sur un couteau à lame courte, de cette sorte que les femmes lapones portent à la ceinture.
La femme tourna le visage vers un bruit. Le hennissement d’un cheval. Cela sembla la réveiller. Le couteau disparut dans la poche.
Après une légère hésitation, elle enjamba résolument la bordure en pierre de la route. Vers le traîneau. Il vacillait moins maintenant. Comme s’il avait résolu d’épargner l’individu au visage écrasé.
Elle descendit rapidement la pente. Au passage, elle entraînait des pierres avec elle. Elles formaient de véritables avalanches en miniature et dépassaient le traîneau pour aller se perdre dans le gouffre. Elle les suivait du regard dans le vide. Comme si elle continuait à les voir après qu’elles avaient disparu dans le précipice. Comme si elle les voyait atteindre le fond sous l’eau grondante de la chute.
Une seconde elle s’arrêta, quand une nouvelle avalanche dépassa le traîneau portant le corps inanimé. Mais seulement une seconde. Puis elle continua jusqu’à ce qu’elle pût attraper un coin de la peau de mouton qui recouvrait l’homme, pour en rabattre un côté.
Ce qui avait dû être un beau visage d’homme apparut. Un œil était enfoncé. Du sang frais s’écoulait à flots épais et réguliers de blessures à la tête. En quelques secondes, la tête de l’homme devint toute rouge. La fourrure blanche de la peau de mouton s’imprégnait de sang.
Elle avança une main longue et mince aux ongles roses bien dessinés. Souleva les paupières de l’homme. L’une après l’autre. Posa la main sur sa poitrine. Son cœur battait-il encore ? Hésita, sans trop savoir à quoi s’en tenir.
Le visage de la femme semblait un paysage couvert de neige. Aucune émotion. Seuls ses yeux remuaient par saccades sous les paupières mi-closes. Elle avait du sang sur les mains, elle les essuya sur la poitrine de l’homme. Recouvrit alors le visage avec la peau de mouton.
Elle rampa jusqu’à l’avant du traîneau, jusqu’aux points d’attache des limons. Là, elle enleva prestement le reste des cordes. Elle les ramassa avec soin et les mit dans la poche de sa veste, avec le couteau. Sortit deux lanières de cuir usées qu’elle mit à la place.
Une fois, elle se redressa. Ecouta. Le cheval hennissait sur la route. Elle hésita, semblant se demander si le travail était bien terminé. Puis elle rebroussa chemin le long du traîneau. L’homme écrasé était toujours entre elle et l’abîme.
Le gros bouleau craquait sous le gel et sous la pression de son poids. Elle prit pied entre les pierres verglacées et appuya de tout son poids sur le traîneau. Calculant avec justesse, comme si ce mouvement lui était habituel.
Au moment même où le traîneau partait dans le vide, la peau de mouton glissa, laissant à nu le visage de l’homme. Il ouvrit alors l’œil qui n’était pas crevé et le fixa droit sur la femme. Muet. Un regard incrédule et désespéré.
Elle sursauta. Une ombre de tendresse maladroite passa sur son visage.
Puis tout ne fut plus que mouvements battant l’air. Allant très vite. Les sons se répercutèrent dans les montagnes après que tout fut fini.
Le visage de la femme était vide. Le paysage avait repris sa forme. Tout était pour le mieux.
A un petit ours brun ?
Merci Milo pour ce titre qui se joue des mots avec un sourire si tendre , celui là même qui leur donne vie . Car ce texte a des moments d'humour, des temps poétiques , des colères politiques, des avancées féministes et un regard sur la folie qui n'est pas loin de l'appel récent de JEAN _OLLIVIER .
Vous nous donnez ainsi , par cet extrait remarquable, un peu de ce Livre...qui d'ailleurs semble être né lui-même d'un autre LIVRE
Depuis ce matin , j'en recherche le lieu au sein des trois tomes .
lehitrahot ( = à bientôt )
votre Kara
Martinas doit être remerciée pour avoir donné toutes ces suites et maintenant tout est à lire. Dina aussi doit l'être pour ces "ouvertures" (comme l'on dit au rugby) ces pistes, et tante Kara pour sa ponctuation de mots étrangers. Nous avons eu un livre de l'éditeur "Gaïa" pour Kara c'est la collection "Babel" qui lui serait plus appropriée.
Bone journée à tous les cassiopéens.
D'un "petit ours brun" qui n'est ni brun ni petit
à Kara : p. 65 t.2
Tableau 1 : Den gule tømmerstokken (le tronc jaune), Edvard Munch,1912 Oslo, musée Munch.
Tableau 2 : Magdalena Bay. Vue prise de la presqu’île des Tombeaux, au nord du Spitzberg. Effet d’aurore boréale, François Auguste Biard, Paris, Musée du Louvre.
Pour le texte : « Le livre de Dina, tome 1, Les limons vides. » Herbjørg Wassmo.
Avec un peu de chance,et si le traducteur fonctionne bien :
Takk til alle de som har søkt og Gratulerer til de som har funnet! Kara, første.
De la même norvégienne Herbjørg Wassmo, et si vous avez le moral : "Un long chemin"
(Salut à Rêvalire )
Quel bon moment énigmatique et joyeux pour un livre qu'on n'oublie pas . Merci beaucoup Martinas .Je propose qu'on vous décerne le Nobel de L'énigme pour le plaisir
je file p 62 Tome 2 ...selon les conseils de Millo-ni petit ni brun mais ourson tout de même . ; o )
A Kara : Plage 65, le galet !!!
p 65 " les vivants aussi"...
Effectivement,
qui d'ailleurs surgit p 107 avec l'arrivée de Leo Zjukovskij...
Absent pour quelques jours de vacances, je félicite ... tout le monde, sauf moi, qui n'ai
rien trouvé. Tant pis, j'essaierai de faire mieux la prochaine fois. Justement ....à quand, de qui la prochaine énigme ?
@ Kara, le Nobel? c'est tout???
))
De qui cette protestation ?
« Car il n’est point de métal plus funeste à l’homme que l’argent. C’est lui qui ravage les villes, qui chasse les citoyens de leurs foyers, qui corrompt les âmes vertueuses et les porte au vice, c’est lui qui a enseigné aux hommes tous les crimes"
Ce grec avait déjà raison ...
Un petit goût de Montpellier .
une sorte d'énigme visuelle (si le lien fonctionne)
http://www.alinevidal.com/local/cache-vignettes/L368xH480/sans-titre_je-crois-qu_il-y-2-4dc21.jpg
et pourquoi ça me vient à l'esprit?
http://www.youtube.com/watch?v=v5SYcOyReX0&feature=player_embedded
Je t'invite à participer au tag des 11 questions qui circule actuellement sur le net.
Il s'agit de répondre à 11 questions et d'en établir soi-même pour les personnes de son choix.
Merci d'avance pour ton éventuelle participation.
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